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Etudes du réseau des CREAI

Recueil de la parole des usagers de la santé sur les territoires de Douchy-les-Mines et Fruges-Hucqueliers

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CREAI Nord Pas de Calais Picardie
Parution : Juillet 2016


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Résumé :

Observatoire Territorial des Usagers de la Santé du CISS

Synthèse réalisée par le CREAI Nord-Pas-de-Calais Picardie

Quelle est la vision de leur santé des usagers de notre région ? Quelles relations entretiennent-ils avec les différents acteurs du système de soins ? En sont-ils satisfaits ? Quels parcours de soin développent-ils? ….
Autant de questions que l’équipe du CISS a été poser aux habitants des territoires de Douchy-Les-Mines et de Fruges-Hucqueliers afin de mieux comprendre les représentations et les pratiques des usagers du système de santé. Mais également pour mesurer l’impact des politiques de santé nationales et régionales définies
pour faire sortir le Nord-Pas de Calais de la zone rouge dans laquelle elle se trouve depuis des décennies.
La synthèse de ces deux études, réalisée par le CREAI Nord-Pas-de-Calais Picardie, permet de visualiser l’écart important qu’il existe entre la vision institutionnelle, portée notamment par le PRS et la réalité vécue par les usagers.

A travers le recueil de ces paroles et de ces expériences, le CISS dresse un certain nombre de constats qu’il défendra dans le cadre de sa contribution au bilan de l’actuel PRS et dans les futures orientations régionales.





Zones Géographiques :

Nord-Pas-de-Calais

Méthodologie :



Principaux résultats :

Les deux études montrent qu’il existe donc un écart important entre la vision institutionnelle et les politiques de santé déclinées à l’échelle nationale et régionale et ce qu’en témoignent les usagers des deux territoires étudiés. Cet écart s’inscrit dans les pratiques, mais également dans les représentations. Les usagers en viennent en effet à questionner l’éthique même de notre système de santé et la prise en compte concrète par celui-ci des expériences, des parcours de soins vécus, des attentes et des besoins des habitants, notamment les plus précaires.

  • Des parcours de santé singuliers mais cohérents…

Les pratiques des habitants montrent en effet que la vision institutionnelle du parcours de soins est restrictive. Selon ses connaissances et ses ressources (économiques, éducatives, relationnelles…), chacun, bien que profane, s’organise en tâtonnant avec logique et cohérence, en dehors des approches institutionnelles et réalise un parcours de santé singulier. Ce type de comportement peut être considéré comme « non conforme », mais il en reste pour autant cohérent et s’appuie plus sur une priorisation par chaque individu de ses problématiques de santé et la sélection, quand cela est possible, des acteurs de santé auxquels il accorde sa confiance, que sur une méconnaissance en santé.

  • … reflétant des inégalités socio-économiques importantes

On observe en effet que les publics les plus précaires ne priorisent les soins que pour des symptômes aggravés et pour leurs enfants. Alors que les publics les plus aisés ont eux accès à des solutions alternatives non prises en charge par l’Assurance Maladie, et à des consultations, notamment chez des spécialistes, plus aisées et plus rapides de par la possibilité d’assumer les dépassements d’honoraires. Le PRS souhaite donner la priorité aux déterminants de santé comportementaux, il semble toutefois que l’approche par les déterminants socio-économiques reste un levier important qui permettrait de réduire le non recours aux soins.

Des usagers-acteurs en attente d’une meilleure prise en compte de leur individualité

Les usagers sont en attente de relations plus réciproques et plus respectueuses de leurs besoins avec leurs soignants, mais également d’une prise en charge plus globale. Plutôt qu’une prise en charge coordonnée autour d’un médecin « guichet unique », coûteux pour eux en termes de temps et d’argent (ce qui ne leur apparaît donc pas efficient), ils attendent surtout une meilleure articulation entre eux-mêmes et leur médecin. Un mode de relation où le temps, l’écoute, la confiance et la connaissance du patient pourraient reprendre toute leur place au détriment d’un face à face de plus en plus commercial, tant avec le praticien qu’au regard du poids de l‘industrie pharmaceutique. Cela pourrait donc également conduire à reconnaître davantage la place des médecines douces, de plus en plus plébiscitées, et à envisager des modalités de remboursement nouvelles par l’Assurance Maladie.

  • Mais une possibilité de choix en termes de soin, complexifiée par les déserts médicaux

Les habitants rencontrés sont bien conscients de subir des inégalités de santé économiques, mais également territoriales. La crainte de voir fermer un cabinet médical dans des territoires déjà privés de services publics, de transports, d’emploi, de commerces vient renforcer un profond sentiment d’insécurité. Sans même parler de fermeture définitive, les périodes de congés des médecins généralistes peuvent être vécues comme des périodes critiques pour les habitants. L’approche quantitative de l’offre de soin a ses limites. Elle ne rend compte que de la proximité géographique avec l’offre de premier recours, mais les usagers réclament également un accès à des soins de qualité, et pour cela, ils doivent pouvoir choisir leur médecin : pouvoir accéder à un médecin disponible (prenant de nouveaux patients) et accessible (dépassements d’honoraires).

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